Présentation stratégique du projet annuel de performances

 

 

Philippe Vinçon

Directeur général de l'enseignement et de la recherche

Responsable du programme n° 143 : Enseignement technique agricole

 

 

 

L’enseignement agricole est une composante essentielle du service public national d’éducation et de formation et constitue le deuxième réseau éducatif du pays. Il est organisé pour remplir les cinq missions définies par le législateur : formation (initiale et continue) ; insertion sociale, scolaire et professionnelle des élèves, étudiants, apprentis et stagiaires ; animation et développement des territoires ; développement, expérimentation et innovation agricoles et agroalimentaires ; coopération internationale.

 

Les établissements scolaires d’enseignement technique, au nombre de 806, dispensent des formations allant de la classe de quatrième aux classes préparant aux concours d’entrée aux grandes écoles ou au brevet de technicien supérieur (enseignement supérieur court) dans les champs de compétence du ministère chargé de l’agriculture, (production, transformation et commercialisation de produits agricoles et agroalimentaires, services en milieu rural, aménagement, environnement) déclinés autour de la formule « 100 % nature ». Ils regroupent les établissements publics locaux d’enseignement et de formation professionnelle agricoles (EPLEFPA) et les établissements privés sous contrat avec l’État, contrat pouvant être de deux types, formation à temps plein ou formation conjuguant, selon un rythme approprié, des enseignements en établissement et d’autres dans le milieu agricole et rural.

 

Plus de 165 000 élèves et étudiants ont été scolarisés au cours de l’année scolaire 2016-2017. Leur répartition est de 63 200 dans les établissements publics, 51 500 dans les établissements privés du « temps plein » et 50 600 dans les établissements privés du « rythme approprié ». Les établissements se caractérisent par leur petite taille en formation initiale scolaire (environ 200 élèves en moyenne) et présentent la particularité de posséder quasiment tous un internat (60% des élèves du secondaire sont internes). Cependant, la mission d’enseignement agricole touche un public plus étendu et diversifié, avec également des formations initiales par apprentissage (33 300 apprentis) et de la formation continue pour adultes (près de 20 millions d’heures-stagiaires pour 250 400 stagiaires).

 

L’enseignement technique agricole bénéficie également du support de près de 280 exploitations agricoles et ateliers technologiques. Ces unités de production ont une vocation pédagogique : leur orientation, leur conduite et leur gestion qui se réfèrent aux usages et pratiques commerciales des professions concernées, sont utilisées comme moyens de formation, d’expérimentation, de démonstration et de développement, permettant ainsi de remplir les missions spécifiques et originales de l’enseignement agricole. La place de l’enseignement public y est prépondérante avec 192 exploitations agricoles et 32 ateliers technologiques dont 23 dédiés à la transformation agroalimentaire et 9 centres équestres. Les établissements publics exploitent 18 900 hectares de surface agricole utile (SAU) dont près de 65 % sont couverts par une certification à dominante environnementale du système de production et près de 19 % sont conduits en agriculture biologique, montrant ainsi pleinement leur rôle pionnier et d’innovation. Ces ateliers sont particulièrement impliqués dans le plan « enseigner à produire autrement » mis en œuvre pour contribuer activement au projet agro-écologique pour la France.

 

L’enseignement agricole s’est doté d’un projet stratégique national, dans le cadre de la concertation préalable à l’élaboration de la loi n°2014-1170 du 13 octobre 2014 d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt. Il fixe le cap pour les prochaines années, l’accent étant mis sur le renforcement de la réussite des élèves, de l’insertion professionnelle et de la promotion sociale (à travers notamment un accès plus large vers l’enseignement supérieur), ainsi que sur sa contribution à la réussite du projet agro-écologique pour la France.

 

Dans ce cadre, l’année 2018 sera celle de la mise en œuvre du nouveau référentiel des diplômes du baccalauréat professionnel « conduite et gestion d’entreprise agricole » (CGEA) et du brevet professionnel « responsable d’entreprise agricole » (REA) ; ceux-ci sont les diplômes de référence de la capacité professionnelle agricole pour l’obtention des aides de l’État à l’installation en tant qu’agriculteur ou agricultrice. Cette rénovation inclut l’intégration dans les référentiels de l’agro-écologie et de la prise en compte de la diversité des systèmes de production.

L’expérimentation menée auprès de 17 classes de brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) pour adapter l’architecture de cette formation aux exigences du système licence, master, doctorat (LMD), a été évaluée et doit être  poursuivie selon des modalités à définir, avant une éventuelle extension du dispositif.

Une seconde expérimentation est en cours dans 2 lycées. Elle permet à des bacheliers professionnels de bénéficier d'une formation renforcée sur 3 ans afin de les préparer au concours d'entrée en école d’ingénieur par la voie C.

Les étudiants sont inscrits dans une classe de BTSA à petit effectif et bénéficient d'un accompagnement spécifique. Après l'obtention de leur BTSA, ils rejoignent la classe préparatoire ATS Bio pour passer le concours C et accéder à une école d'ingénieur. La deuxième promotion est recrutée à la rentrée 2017.

 

La formation des enseignants constitue également un enjeu majeur. Pour la formation initiale des enseignants, le ministère de l’agriculture s’inscrit résolument dans le nouveau dispositif concrétisé par le master « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation » (MEEF). Les nouveaux enseignants sont formés par l’École nationale supérieure de formation de l’enseignement agricole (ENSFEA), établissement supérieur, financé par le programme 142 « Enseignement supérieur et recherche agricoles », habilité à délivrer le master MEEF à partir de la rentrée 2016. L’année 2017 sera celle de la première année d’exercice pour les premiers diplômés, qui ont été affectés dans leurs établissements à la rentrée 2016.

Le plan « Enseigner à produire autrement » comporte également un important volet de formation continue des personnels. Ce volet mobilise les établissements d’enseignement supérieur agricole et des réseaux thématiques d’experts (ingénieurs, chefs de projets, chercheurs), en lien avec les échelons régionaux pour accompagner les établissements et leurs personnels dans cette mutation.

 

Afin de favoriser la réussite des apprenants, l’enseignement agricole s’est doté dès 2015 d’un plan de dynamisation de l’innovation pédagogique. Le déploiement de ce plan se poursuit notamment par la professionnalisation des référents régionaux pour l’innovation pédagogique, le numérique éducatif et la lutte contre le décrochage scolaire. Ils sont chargés d’impulser et d’animer cette dynamique dans chaque région ainsi que d’accompagner les initiatives des établissements.

 

Dans l’enseignement agricole, le « bien-vivre ensemble » a toujours été considéré à la fois comme une fin en soi et comme une condition pour permettre et faciliter l’ouverture sur le monde et l’acquisition de compétences professionnelles. Le respect de soi et des autres est un objectif de la vie dans l’établissement, mais aussi pour la formation des futurs citoyens. Dans ce cadre, le plan de prévention et de lutte contre les violences engagé dès 2014 se poursuit. L’enseignement technique agricole contribue aussi à la « grande mobilisation de l’école pour les valeurs de la République », à travers un plan en trois points : la laïcité et la lutte contre les discriminations, la citoyenneté et l’engagement personnel, la mixité sociale et l’égalité.

 

Enfin, la volonté que l’appareil de formation agricole s’adapte, innove et expérimente, conformément aux nouvelles exigences de la société et aux besoins des futurs professionnels, s’accompagne de la préoccupation constante de maîtriser les coûts et de consolider la santé financière des établissements d’enseignement et de formation.

Ces buts sont poursuivis à travers l’objectif 2 et se concrétisent, d’une part, via des dialogues de gestion portant sur l’adéquation entre la structure pédagogique et les moyens mis en œuvre (tant au niveau central, entre la DGER et les DRAAF, qu’au niveau local, entre les DRAAF et les établissements), d’autre part, par une action de vérification et, le cas échéant, de redressement, par la maîtrise des coûts, de la santé financière des établissements publics.

 

 

 

 

récapitulation des objectifs et indicateurs de performance

 

OBJECTIF 1

Assurer un enseignement général, technologique et professionnel conduisant à la réussite scolaire et à une bonne insertion sociale et professionnelle

INDICATEUR 1.1

Taux de réussite aux examens

INDICATEUR 1.2

Taux d’insertion professionnelle

OBJECTIF 2

Optimiser la gestion de la formation initiale scolaire

INDICATEUR 2.1

Coût unitaire de formation par élève pour l'État (enseignement agricole public)

INDICATEUR 2.2

Taux d'heures d'enseignement devant des groupes de 10 élèves ou moins (classes, sections, groupes de TP/TD)