Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER, actuelle cheffe du CGefi

Date de mise à jour 
17/09/2019

À l’honneur cette semaine de notre série « Portraits de budgétaires depuis 1919 », Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER, actuelle cheffe du contrôle général économique et financier (CGefi), et ancienne chef de bureau et sous-directrice de la direction du Budget.

Ancienne élève de l'École polytechnique (1987), diplômée de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE), et de Sciences Po Paris (1994), Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER commence sa carrière professionnelle en 1992, comme adjointe au chef de la division des enquêtes de conjoncture du département de la conjoncture de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE).

Une brillante carrière au sein de la direction du Budget de 1995 à 2009

Elle rejoint la direction du Budget en 1995, comme adjointe au chef du bureau 1D (recettes, exécution budgétaire, jeux). En 1998, elle devient chef du bureau 6C (vieillesse, régimes spéciaux, pensions de l'État et assimilés).

Toujours au sein de la direction du Budget, Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER dirige, de 2000 à 2002, le bureau 1D (recettes, exécution budgétaire, suivi de l'Union économique et monétaire et questions internationales).

En 2003, elle devient sous-directrice de l'action extérieure de l'État, de l'aide publique au développement, de l'agriculture, de l'écologie et du développement durable (7e sous-direction), puis, en 2006, sous-directrice des transports et de la politique des territoires (4e sous-direction).

Quatre années en tant que DRH au ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie

En 2009, Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER rejoint le ministère de l’Écologie, du Développement durable, et de l’Énergie en qualité de directrice des ressources humaines rattachée au SG de ce ministère.

Direction de la DGDDI

En 2013, elle est nommée directrice générale des douanes et droits indirects, au ministère de l'Économie et des Finances, fonction qu’elle occupera jusqu’en 2017.

À la tête du CGefi depuis 2017

En 2017, Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER devient cheffe du contrôle général économique et financier (CGefi), sous l'autorité conjointe du ministère de l'Économie et des Finances et du ministère de l'Action et des Comptes publics.

Inspectrice générale de l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), elle est faite Chevalier de la Légion d'honneur en 2013.

 

La direction du Budget : « Pour vous, c’est quoi être budgétaire ? »

Hélène CROCQUEVIEILLE-EYSSARTIER : « C’est à la fois un métier et une école de la vie. Un métier, ou plutôt des dizaines de métiers, où l’on a la responsabilité, face au ministre du Budget et au Gouvernement, de veiller à la meilleure allocation possible de l’argent public au regard des orientations politiques. Cela donne en général l’opportunité d’une vision transversale assez unique sur la plupart des champs d’action gouvernementaux.

Être budgétaire, pour moi, ce furent près de 15 ans de découverte des multiples facettes de l’action publique, du fonctionnement de l’appareil État, d’apprentissage métier, de participation à des réformes d’ampleur pour le pays, parfois impulsées par la direction du Budget elle-même.

C’est aussi une école formidable de rigueur, de réactivité mais aussi de résilience face à certains échecs en arbitrage, et même, contrairement peut être à certaines idées reçues,  d’apprentissage d’une certaine forme d’écoute active : c’est apprendre à écouter l’autre, comprendre ses vraies priorités, ne pas se contenter de dire non quand il faut dire non, mais aider à élaborer une solution alternative acceptable politiquement et sur le plan des finances publiques. »

 

La DB : « Quelle grande réforme, quelle politique publique à laquelle vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

HCE : « J’ai eu la chance d’occuper des fonctions variées, dans des secteurs et à des niveaux hiérarchiques différents. Chacune m’a marquée, car à chaque changement, il y avait un contexte nouveau, conduisant à des découvertes et des enjeux nouveaux.  

Je peux citer le contexte de la fin 1997, au bureau 1D où je participais à la synthèse de la prévision d’exécution budgétaire, année de qualification pour l’Euro où le déficit public ne devait pas dépasser 3% du PIB. La fin de gestion  et notamment la période complémentaire, qui, à l’époque , était beaucoup plus longue qu’aujourd’hui, a été particulièrement redoutable en sueurs froides, en « stop and go » sur certaines opérations comme les remboursements de TVA ou les rattachements de fonds de concours. Tout ceci était suivi par des réunions quotidiennes au cabinet du ministre du Budget…Au final, la France a été qualifiée, comme chacun sait, mais depuis plus de 20 ans maintenant, elle aura plus souvent été au-dessus qu’en-dessous de ce seuil emblématique…

Dans les autres souvenirs marquants, il y a eu ma première conférence budgétaire  en tant que sous directrice, en format LOLF, avec des dotations de départ construites avec une justification premier euro qui ressemblait plutôt à une base zéro. Nos collègues de l’agriculture ou de l’écologie en restaient sans voix….Et puis aussi le souvenir du chantier de réorganisation de la DB, pour adapter cette direction aux exigences de la LOLF et à la réforme qu’elle impulsait dans l’ensemble des administrations centrales (mise en place des SG et des CBCM) ».

 

La DB : « Un de vos regrets, si c’était à refaire ? »

HCE : « C’est plus compliqué car, vous l’aurez compris, je reste sur un souvenir très positif.

Le niveau décisionnel de la DB exige de bien connaître les mécanismes de dépense ou les interactions entre les acteurs, mais il ne faut pas non plus trop rentrer dans les détails, sinon, il est plus difficile de renoncer à certaines dépenses. 

Du coup, j’ai peut-être un regret, que je peux d’ailleurs prolonger sur les fonctions que j’ai occupées ultérieurement au MTES ou à la Douane, celui de ne pas avoir consacré suffisamment de temps à aller voir sur le terrain, et notamment dans les services déconcentrés des ministères  comment les choses se passent concrètement, mieux cerner la réalité des problèmes rencontrés mais aussi visualiser ce qui fonctionne bien.  Ce n’est jamais du temps perdu que d’aller à la rencontre des autres».

 

La DB : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

HCE : « De plus en plus compliqué... Je ne me connais pas de talent insoupçonné. J’ai peut-être une forme d’énergie positive tenace au fond de moi, qui me guide et me permet de profiter de chaque instant, au travail comme en famille ou dans mes espaces de liberté, où j’aime aussi bien me dépenser sportivement que me prélasser au soleil ou randonner au contact de la nature.

Côté carrière, à défaut d’insolite, on peut peut-être considérer comme original le fait qu’après 15 ans de Budget j’ai été retenue pour exercer des fonctions de DRH ministérielle. Ce fut une expérience extrêmement riche où j’ai énormément appris… tout comme sur mon poste suivant, à la Douane, dont j’ai été la première femme Directrice générale. 

Consciente d’avoir eu finalement beaucoup de chance dans mon parcours professionnel, j’ai à cœur de participer, notamment à travers l’Association « Femmes de Bercy », à la diffusion d’un environnement bienveillant pour la carrière des femmes à Bercy issues des ministères économiques et financiers, et pour le développement, chez elles du sentiment d’auto assurance dans leur capacité à « être à la hauteur »… »