Rodolphe GINTZ, directeur général des douanes et droits indirects de février 2017 à août 2019

Date de mise à jour 
02/12/2019

À l’honneur aujourd'hui de notre série « Portraits de budgétaires depuis 1919 », Rodolphe GINTZ, directeur général des douanes et droits indirects de février 2017 à août 2019.

Rodolphe GINTZ entre à la direction du Budget, à sa sortie de l’école nationale des ponts et chaussées, en 2002. Il intègre le bureau des transports, puis prend le poste d’adjoint au bureau de l’emploi et de la formation professionnelle. Il devient en 2006 le chef du bureau des transports. Il est ensuite nommé sous-directeur de la troisième sous-direction en 2008 puis de la sixième sous-direction en 2011.

En mai 2012, il rejoint le cabinet du Premier ministre comme conseiller pour les comptes publics ; en 2015, il rejoint le cabinet du Président de la République comme conseiller en charge de la fiscalité et des finances publiques puis comme conseiller en charge des finances et des comptes publics.

En février 2017, il est nommé directeur général des douanes et droits indirects, poste qu’il occupera jusqu’en août 2019.

Rodolphe GINTZ est depuis inspecteur général des finances.

 

La direction du Budget : « Pour vous, c’est quoi être budgétaire ? »

Rodolphe GINTZ : « Être budgétaire c’est réussir à concilier des qualités très différentes en sachant emprunter :

  • aux financiers : leur facilité à manier rapidement des chiffres à tenir des raisonnements quantitatifs, parfois assez sophistiqués (pensez à la définition du « GVT solde »…),
  • aux ingénieurs : la capacité à analyser des constructions complexes et à rendre compte de manière synthétique,
  • aux militaires : la vision stratégique des « buts de guerre »,
  • aux juristes : la rigueur dans la démonstration,
  • aux chercheurs : la curiosité intellectuelle et l’inventivité,
  • aux diplomates : l’art de réconcilier des points de vue qui peuvent paraître très éloignés au début de la négociation budgétaire,
  • aux directeurs des ressources humaines : leur sens de la relation aux autres… et la connaissance des mécanismes qui dirigent l’évolution du plus important poste de dépenses de l’État : sa masse salariale,
  • aux communicants : les arguments de vente des réformes…

J’en oublie certainement ! Cette richesse des métiers et cette exigence font qu’il est impossible de s’ennuyer à la direction du Budget. Les années peuvent passer— 10 pour ce qui me concerne ! — sans trop ressentir le caractère répétitif de la procédure budgétaire ni la fatigue des combats, qu’ils soient gagnés ou perdus ! »

La DB : « Quelle grande réforme, quelle politique publique à laquelle vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

RG : « J’ai passé plus de la moitié de mon parcours à la direction du Budget à travailler sur la politique des transports. Entre 2006 et 2008, j’ai eu la chance de préparer avec les dirigeants de la SNCF (directeur financier, directeur juridique, directeur de l’infrastructure) et du ministère des transports plusieurs réformes qui sont encore visibles aujourd’hui : création d’une caisse de retraite autonome pour les personnels de la SNCF, reprise de 8 milliards d’euros de dette, révision des péages ferroviaires et de l’équilibre économique des différents réseaux (lignes à grande vitesse, réseaux régionaux, fret, etc.), contractualisation avec l’État pour l’entretien du réseau…

Bien sûr, aucune de ces réformes n’était définitive : les retraites de la SNCF, comme tous les régimes spéciaux, ont été revues depuis et sont actuellement l’objet d’une réflexion dans le cadre de la réforme voulue par le Président de la République ; la dette de la SNCF a continué à croître, obligeant l’État à reconnaître le caractère d’administration publique du réseau et à reprendre une partie de la dette… mais nous avons contribué à poser des bases qui existent encore aujourd’hui. »

La DB : « Un de vos regrets, si c’était à refaire ? »

RG : « En reprenant un air célèbre : « non, rien de rien, je ne regrette rien… » ! Si c’était à refaire, je referais sans hésiter ce parcours à la direction du Budget. Ce ne serait probablement pas exactement le même, l’histoire ne repasse pas toujours les mêmes plats. Mais je suis certain qu’il aurait une durée, une intensité et une variété proches de celles de mes années à la direction du Budget.

Bien sûr, tout n’a certainement pas été parfait pendant ces 10 années… il faudrait demander leur avis aux 4 directrices et directeurs qui se sont succédé entre 2002 et 2012 !

Les seuls regrets possibles ne me semblent pas relever des résultats obtenus mais de la manière de servir. Lorsqu’il y a de l’exigence intellectuelle, de la curiosité et de l’innovation, du travail collectif et collaboratif, les résultats ne doivent pas être regrettés car ils ne nous appartiennent pas. Notre « travail » a été bien fait dès lors que nos gouvernants ont toutes les cartes en mains pour décider. »

La DB : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

RG : « J’ai découvert très récemment en parcourant l’arbre généalogique de la famille réalisé par ma mère que j’ai un lointain ancêtre qui était au XVIe siècle… seigneur de Bercy !

Il s’appelait Nicolas MAHON de Bercy ; pour les passionnés de généalogie, sa fiche peut être trouvée en suivant ce lien[1].

Sa fille, une autre de mes ancêtres, a épousé Jean SALVIATY, le fils d'un banquier de François Ier

Finalement, ce lien avec Bercy et les finances de l’État n’est peut-être pas totalement dû au hasard d’une première affectation à la direction du Budget ! »