Portrait d'une grande budgétaire : Marie-Hélène Bérard

Date de mise à jour 
08/03/2019

En cette année du centenaire de la direction du Budget, nous vous proposons, chaque semaine, de découvrir, ou de redécouvrir, les hommes et les femmes qui ont inspiré, façonné, animé cette direction, mais également celles et ceux qui l’incarnent et la servent aujourd’hui.

Marie-Hélène Bérard, ancienne sous-directrice de la direction du Budget (1982-1986) est revenue pour nous sur ses années à la DB et partager des moments marquants parmi les budgétaires.

Marie-Hélène Bérard est actuellement présidente de MHB SAS.

Elle fait partie des premières femmes à avoir intégré la Direction du Budget, qu’elle rejoint à sa sortie de l’ENA (promotion Charles de Gaulle) en 1972. Elle sera dans un premier temps administratrice civile à B2 (Budget) puis chargé de l’agriculture à 6D et alternera poste à la Direction du Budget et poste en ministère.
Tour à tour chef de bureau sur travail, emploi, formation professionnelle, immigration à 6A (1978-1979) et chef de bureau à 5B (intérieur, emploi, formation professionnelle, réforme régionale, villes nouvelles). Elle devient sous-directrice de la 2ème (Fonction publique) de 1982 à 1986. Elle aura également été au budget du ministère des solidarités et de la santé (1976-1978), conseillère au cabinet du Premier ministre pour Raymond Barre (1979-1981) et Jacques Chirac (1986-1988).

Elle devient Managing Director de Marceau Investissements en 1988 puis intègre le comité exécutif de la banque HSBC où elle restera 11 ans avant de fonder sa propre entreprise en 2000 dans laquelle elle exerce toujours les fonctions de présidente.

Marie-Hélène Bérard est par ailleurs Commandeur de la Légion d’honneur et Commandeur de l’Ordre National du Mérite.

Pour vous, c’est quoi être budgétaire ?  

Être budgétaire, c’est veiller à ce que les dépenses de l’État soient les plus efficaces, les plus honnêtes et les plus raisonnables possibles. Qu’elles soient faites dans l’intérêt général du pays, et non pas dans celui de telle ou telle corporation, de tel ou tel intérêt  particulier, voire de  tel ou tel mouvement politique. Ce qui renvoie au sujet de savoir comment on définit le mieux l’intérêt général…

Quelle grande réforme, quelle politique publique à laquelle vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ?

Le terme de politique publique m’est toujours apparu grandiloquent… Une petite réforme me laisse un bon souvenir, et je la partage avec Jean-Paul Marchetti. Avoir réussi à convaincre de calculer la rémunération des fonctionnaires tout compris, c’est-à-dire incluant le GVT, glissement vieillissement technicité. En 1983/1984, quand on est revenu de la folie dépensière de 1981.

Un de vos regrets, si c’était à refaire ?

Ne pas avoir réussi à convaincre que la loi de décentralisation de 1982 était porteuse de la  confusion des compétences et d’une prolifération des structures locales, avec prolifération des emplois à la clef.

Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? 

L’impression d’avoir vécu des moments historiques en travaillant dans les pays de l’Est depuis 1990. Le privilège d’avoir travaillé avec des gens qui avaient connu avant, et dont  la vie se transformait sous mes yeux.