Portrait d'un grand budgétaire : Maurice Caradet

Date de mise à jour 
22/02/2019

En cette année du centenaire de la direction du Budget, nous vous proposons, chaque semaine, de découvrir, ou de redécouvrir, les hommes et les femmes qui ont inspiré, façonné, animé cette direction, mais également celles et ceux qui l’incarnent et la servent aujourd’hui.

Maurice CARADET, ancien sous-directeur de la DB (1967-1974), est autant connu pour le « caradet » budgétaire, que pour la création du Loto en France. Énarque de formation (promotion Félix ÉBOUÉ 1952-1954), Maurice CARADET était réputé pour son sens de l’innovation et son souci de la bonne utilisation des finances publiques ; il incarne à ce titre l’esprit DB.

Maurice CARADET, fondateur du loto en France

En 1974, alors secrétaire général de la Loterie nationale française, Maurice CARADET propose au gouvernement de Jacques CHIRAC d’importer, en France, le jeu de Loto existant déjà dans une vingtaine de pays. L’idée suscite alors de nombreux débats entre les partisans d’une mesure jugée salutaire pour les finances publiques, et les réfractaires, craignant une diffusion massive et dangereuse du jeu. Officialisé par décret en 1975, le Loto français connaît son premier tirage le 19 mai 1976. Avec son extension sur l'ensemble du territoire et des tirages retransmis à la télévision, le succès devient rapidement national. Maurice CARADET a ainsi fondé et dirigé entre 1979 et 1983 la Société de la Loterie nationale et du Loto national (SLNLN), par la suite baptisée France Loto puis Française des Jeux (FDJ).

Du « caradet » chez les budgétaires

Maurice CARADET est bien connu des budgétaires et de la communauté financière grâce au surnom parfois donné à l’échéancier d’AE/CP, en référence au tableau d’AP/CP, appelé « caradet » dans le jargon budgétaire, qu’il avait conçu. Le tableau de suivi des crédits de paiements aujourd’hui présentés dans les projets annuels de performance (PAP) expose l’échéancier de crédits de paiement à couvrir, compte tenu du décalage dans le temps entre la consommation des autorisations d’engagement (AE) et celle des CP.

Un témoin de la DB au temps des Trente glorieuses

Maurice CARADET a exercé au sein de la DB vers la fin des Trente glorieuses, dans une période de relatif équilibre des finances publiques, au cours de laquelle la direction participait à « la construction de la France ». Les bureaux de la direction travaillaient alors moins sur les économies, comme c’est le cas aujourd’hui, que sur la répartition la plus judicieuse des moyens supplémentaires, moyens alloués notamment pour le choix des routes, des ports ou des centrales nucléaires à construire.