Philippe NICOLAS, directeur du Centre national de la chanson des variétés et du jazz

Date de mise à jour 
09/09/2019

À l’honneur cette semaine de notre série « Portraits de budgétaires depuis 1919 », Philippe NICOLAS, directeur du Centre national de la chanson des variétés et du jazz.

Philippe Nicolas, énarque de la promotion Léon Gambetta, a passé 4 années au sein de la direction du Budget de 1993 à 1997 au bureau 6A (emploi, formation professionnelle, immigration).

Il opère sa mobilité en tant que représentant de la France en 5ème commission auprès de la Mission française auprès des Nations-Unies (1997-1998). Philippe Nicolas revient en France en tant que conseiller budgétaire du Ministre des Finances de 1998 à 2000. Au départ de son ministre, il co-fonde deux start-ups entre 2000 et 2002 (ledefi.com et vocebella.com) puis intègre France Télévisions dont il occupe le poste de Directeur financier de 2004 à 2008. Philippe devient Membre du Directoire d’Euro Media Group de 2008 à 2011. Il est co-président de Libération de 2011 à 2014.

 

La direction du Budget : « Pour vous, c’est quoi être budgétaire ? »

Philippe NICOLAS : « Le budgétaire c’est celui qui doit avoir une vision panoramique des politiques publiques dont il s’occupe.

Il doit avoir une vision large englobant l’économie, les politiques publiques et ne pas se focaliser uniquement sur l’économie qu’il pourrait faire. Un budgétaire ne travaille pas que sur le coût de la dépense mais sur le rapport qualité – prix du service public. Le budgétaire conseille le politique pour mener à bien une politique publique. C’est celui aussi qui sait être créatif et être un « deal maker » auprès des autres ministères. Si le directeur administratif et financier doit être au cœur du métier, il en va de même pour le budgétaire. Le budgétaire porte la bonne parole du budget ce qui n’est pas toujours évident à endosser. »


La DB : « Quelle grande réforme, quelle politique publique à laquelle vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

PN : « Mon plus beau souvenir reste quand j’étais conseiller budgétaire de Dominique Strauss-Kahn, qui avait une vision panoramique des politiques publiques en faisant de vraies réformes dans beaucoup de domaines, cela a permis d’entretenir un cercle vertueux riche et passionnant. J’avais toujours un lien avec la direction du Budget. Je garde un très beau souvenir de la DB et je suis fier d’avoir pu mettre en avant une vision intelligente et nourrie avec les autres ministères. »

La DB : « Un de vos regrets, si c’était à refaire ? »

PN : « Lorsque je suis revenu à Bercy pour être le conseiller budgétaire du ministre des finances, nous avons réalisé la plus forte baisse du déficit jamais enregistrée. On me nommait alors parfois « l’homme de la cagnotte ». Je n’ai pas vraiment de regret à proprement parler si ce n’est de ne pas avoir pu continuer sur la lancée des réformes enclenchées en cabinet. Nous nous interrogions sur l’aggiornamento à faire de la doctrine des hommes politiques de l’époque, et si nous devions avancer « masqués » ou pas.  

On a fait des réformes mais on n’a pas réussi à changer en profondeur les états d’esprits, par exemple sur le sujet crucial de la réforme des retraites, ou encore de la résorption du déficit structurel, qui repartait à la hausse alors que les recettes étaient bonnes pour des raisons essentiellement conjoncturelles. »

La DB : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

PN : « Je dirai que j’ai un tropisme pour la culture, la création (musique, médias, littérature) que j’ai pu développer dans mes différentes fonctions. Je suis passionné par l’impact concret que peut avoir l’art sur nos émotions et sur nos vies, par le digital et les nouvelles technologies. Cela a guidé mes activités professionnelles et personnelles.

C’est peut-être là aussi une qualité du budgétaire, s’intéresser au monde qui l’entoure, savoir accompagner les mutations de la société et s’en nourrir.

La littérature est aussi l’une de mes passions, plus vraiment insoupçonnée aujourd’hui puisque je viens de publier mon premier roman, « Les Âmes peintes » aux Editions Cohen&Cohen. Je vous en livre le début :

« La Joconde perd le sourire. Un homme est retrouvé mort au pied d'un tableau. Deux amants se font happer par le portrait de La Belle Ferronnière de Léonard de Vinci et se battent pour rester en vie. Tandis que le commandant Bruno Gorce traite le Louvre comme une scène de crime, tous les fils convergent vers un homme : le président du musée, Pierre Longueville. Quel incroyable secret le patron énigmatique a-t-il découvert dans les tableaux de Léonard de Vinci en menant des expériences dans les laboratoires souterrains du Louvre ? Une aventure fantastique, policière et amoureuse au cœur du plus grand musée du monde. »

Le décor est posé vous pouvez découvrir cet univers sur : https://lesamespeintes.com/ »