Olivier BAILLY, ancien sous-directeur de synthèse, actuel président de la SAS Obsolu et associé du cabinet Associés en Gouvernance

Date de mise à jour 
25/11/2019

À l’honneur cette semaine de notre série « Portraits de budgétaires depuis 1919 », Olivier BAILLY, ancien sous-directeur de synthèse, passé par Crédit agricole Indosuez, l’UGAP et ancien contrôleur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Olivier BAILLY est actuellement administrateur de l'Association des anciens élèves de l'École nationale d'administration (AAENA), président de la SAS Obsolu (société de conseil en gouvernance et management) et associé du cabinet Associés en Gouvernance (spécialisé dans le conseil en gouvernance).

Olivier BAILLY est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris. Ancien élève de l'École nationale d'administration (promotion « Guernica »). Jeune administrateur civil, Olivier BAILLY rejoint la direction du Budget en 1976 pour intégrer le bureau 2A (problèmes généraux de la fonction publique). En 1978, il devient adjoint au chef du bureau de la synthèse et de la politique budgétaire. De 1980 à 1981, Olivier BAILLY exerce, toujours au sein de la direction du Budget, les fonctions de chef du bureau de la synthèse et de la politique budgétaire.

Il effectue sa mobilité, de 1981 à 1983, en qualité de chargé de mission à la direction des finances de la Caisse nationale de crédit agricole. De retour à la direction du Budget en 1983, Olivier BAILLY est nommé chef du bureau des transferts.

En 1984, il intègre et dirige le bureau 1A (synthèses et lois de finances, politiques budgétaires, suivi du budget, orientations générales). En 1986, Olivier BAILLY est chargé de la 1re sous-direction (politique, synthèses et contrôles budgétaires).

De 1990 à 1991, il devient chargé de mission auprès du président de Suez International, Patrick PONSOLLE. En 1991, Olivier BAILLY rejoint le président de Mercapital (société d'investissement espagnole-Groupe Suez), toujours en qualité de chargé de mission. En 1992, il est nommé directeur général adjoint d'Indosuez-Espagne. De 1993 à 1998, il exerce successivement, au sein de la banque Indosuez, les fonctions de directeur adjoint à la délégation à la clientèle européenne d'entreprises, puis directeur, puis de banquier-conseil.

De 1998 à 2000, Olivier BAILLY est président du conseil d'administration de l'Union des groupements d'achats publics (UGAP). De 2001 à 2005, au sien de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), il est chargé du service central de l'audit interne du groupe Caisse des dépôts et consignations (CDC), puis chef du service central de l'audit interne.

De 2005 à 2008, Olivier BAILLY, est secrétaire général de La Mondiale.

De 2008 à 2013, Olivier BAILLY assure les fonctions de conseiller chargé du développement des filiales et participations auprès du comité de direction du groupe Caisse des dépôts et consignations (CDC).

Olivier BAILLY est nommé contrôleur général de la Caisse des dépôts et consignations, de 2013 à 2016.

Depuis 2014, Olivier BAILLY est administrateur de l'Association des anciens élèves de l'École nationale d'administration (AAENA), et, depuis 2016, il est président de la SAS Obsolu (société de conseil en gouvernance et management) et associé du cabinet Associés en Gouvernance (spécialisé dans le conseil en gouvernance).

La direction du Budget : « Pour vous, c’est quoi être budgétaire ? »

Olivier BAILLY : « Un budgétaire, c’est quelqu’un qui essaie autant que possible de défendre la collectivité et plus particulièrement le contribuable contre les demandes de telle ou telle catégorie au sein de cette collectivité. En d’autres termes, il s’agit de défendre l’« intérêt général » contre les intérêts particuliers qui sont certes la plupart du temps parfaitement légitimes, mais que l’on ne peut tous satisfaire dans toutes leurs demandes.

Devant la multiplicité de ces demandes, le budgétaire a  le sentiment d’être dans une citadelle assiégée et de faire partie d’un ordre de « moines-soldats », selon l’expression chère à Henri EMMANUELLI. Cette sensation a été particulièrement forte au début des années 80. Elle renaît régulièrement à l’occasion de chaque crise, ainsi que des périodes préalables à chaque grande élection.

Cette sensation a pour contrepartie l’avantage de créer entre les membres de la direction une solidarité qui n’existe que très rarement dans la fonction publique. »

La DB : « Quelle grande réforme, quelle politique publique à laquelle vous avez contribué vous laisse un souvenir marquant ? »

OB : « La politique publique à laquelle j’ai participé, et qui m’a paru réellement fondamentale, a été celle de désinflation mise en place à partir de 1983. Il s’est agi de mettre un terme à l’indexation des salaires sur les prix de manière à stopper le cercle vicieux de hausses des prix et d’affaiblissement de notre monnaie dans lequel nous avons trop longtemps vécu. La direction du Budget a été à l’origine de cette politique. Hervé HANNOUN, qui en était un ardent défenseur, est arrivé à en convaincre le Président de la République et le Gouvernement en montrant combien l’inflation nuisait aux gens modestes. Il a fallu aussi en convaincre les entrepreneurs et les syndicats, ce qui n’a pas été chose facile. Cette politique a fini par s’imposer et à mes yeux, c’est l’un des plus grands « faits d’armes » de la direction.

À part cela, mes souvenirs portent notamment sur des épisodes cocasses. L’un d’eux remonte à la préparation du projet de budget 1981. Le cabinet du ministre retient notre proposition de faire une liste d’« organismes inutiles et coûteux » à supprimer. La direction du Budget en propose une longue liste qui, au fur et à mesure des arbitrages, se réduit comme peau de chagrin. Il n’en reste plus que quelques-uns après les ultimes décisions, parmi lesquels un institut de recherches dans le domaine des transports dont nous avions démontré qu’il faisait pour l’essentiel double emploi avec d’autres organismes et que ses quelques recherches propres ne justifiaient pas son existence. Avec le sentiment d’avoir enfin remporté un succès en ce domaine où ces derniers sont rares, nous nous empressons de le faire figurer dans le dossier du projet de budget. Hélas, à quelques jours de la présentation de ce dernier, nous recevons l’ordre de le retirer de notre liste. Nous cherchons alors à comprendre cet échec et nous finissons par découvrir que le Président de cet organisme avait demandé à un de ses amis, dirigeant d’un État de l’Afrique francophone, de téléphoner au Président de la République pour lui demander de maintenir l’existence de cet organisme, ce que ce dernier qui, probablement, n’en avait jamais entendu parler, s’était empressé d’accepter… »

La DB : « Un de vos regrets, si c’était à refaire ? »

OB : « J’ai quitté la direction à la fin de l’année 1990.

Avant mon départ, j’avais obtenu la création d’un poste d’administrateur pour faire de l’analyse budgétaire comparative. L’idée était d’aller étudier dans les autres pays européens les politiques suivies dans les différents secteurs de l’action publique de manière à en tirer si possible des suggestions d’économies concernant les politiques suivies dans notre pays.

 Sur ce projet, j’avais recruté une jeune administratrice de l’INSEE intéressée par l’idée.

En fait, je suis parti au moment où elle arrivait, et elle a été affectée à d’autres tâches.

Je le regrette car je pense que les comparaisons avec nos proches voisins peuvent être une mine de bonnes idées pour défendre les positions de la direction. »

La DB : « Votre talent insoupçonné, votre passion, une expérience de vie insolite ? »

OB : « Il est difficile de parler de ses talents, a fortiori de ceux que l’on peut qualifier d’insoupçonnés…

Disons que dans ma carrière qui a été variée, évoluant entre le secteur public et le secteur privé, j’ai démontré une réelle faculté d’adaptation et de rebond. Cela a été particulièrement vrai lorsqu’au sortir de la direction, je suis parti à Madrid dans une société financière faire un métier que je ne connaissais pas, dans une langue que je ne connaissais pas plus, et dans un pays dont j’ignorais presque tout.

Concernant ma ou plutôt mes passions, elles tournent autour du livre, de la musique - spécialement de l’Opéra comme beaucoup de gens de la direction -  et de la peinture. Pas très original… Ce qui l’est peut-être un peu plus est que je me suis remis depuis un an à l’étude du latin et du grec. »