La comptabilité nationale est le seul référentiel comptable commun à l’ensemble des administrations publiques dans le cadre de nos engagements européens. La comptabilité nationale permet de calculer le montant global des dépenses et des recettes de l’ensemble des administrations publiques.
La comptabilité nationale distingue trois sous-secteurs au sein de la sphère « administrations publiques », donc trois niveaux de dépenses publiques :
La dépense publique se compose principalement de dépenses d’investissement, de dépenses d’intervention (prestations sociales notamment), de dépenses de personnel (rémunération des agents, pensions…), de dépenses de fonctionnement et des charges d’intérêt de la dette.
La part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut est demeurée stable en France pendant plus de dix ans et ce jusqu'en 2008, autour de 53 %. Mais la crise économique et financière a conduit à une forte progression de ce ratio. Le plan de relance de l'économie a conduit à majorer temporairement certaines dépenses publiques ciblées : investissement public local et national, mesures actives en faveur de l'emploi et du financement de l'économie. En période de basse conjoncture, certaines dépenses à caractère social augmentent spontanément : c'est le cas en particulier des dépenses d'indemnisation du chômage ou du revenu de solidarité active. Enfin, l'activité s'étant fortement contractée, le numérateur du ratio dépenses publiques / PIB a baissé, ce qui augmente mécaniquement la part des dépenses publiques dans le PIB.
Ainsi, la dépense publique a augmenté de 3,7 points de PIB entre 2007 et 2009 en France (de 7,3 points au Royaume-Uni, 4,1 points en Italie, 3,9 points en Allemagne) pour atteindre 56,0 % en 2009. Le taux de la France reste un des plus élevés d'Europe, derrière ceux de la Finlande et du Danemark, respectivement, 56,0 % et 58,6 %.
Le poids important de la dépense publique en France s'explique par une forte « socialisation » de la dépense, comme le montre le poids important des prestations sociales dans la dépense publique (46,0 % du total).
L’addition des dépenses de chaque « administration publique » n’est pas égale à la dépense publique totale puisque les dépenses des sous-secteurs comprennent également des transferts entre administrations publiques.
Il est donc nécessaire d’éliminer ces flux croisés entre administrations pour reconstituer la part respective de chaque sous-secteur dans la dépense publique ; cette opération est appelée « consolidation ». Par convention, la dépense est attribuée au secteur destinataire du transfert, c’est-à-dire celui qui paie in fine la dépense.
Prenons comme exemple l’allocation spécifique de solidarité (ASS) : elle est versée aux bénéficiaires par le Fonds de solidarité, qui est un ODAC financé en partie par une subvention de l’État. L’addition de la subvention de l’État et des dépenses du Fonds conduirait à une double comptabilisation de la même dépense. L’ASS est donc affectée au Fonds de solidarité et non à l’État. Cette partition montre que les organismes de sécurité sociale couvrent un peu moins de la moitié de la dépense publique, l’État près de 30 %, les APUL 20 % et les ODAC 6 %.
Par ailleurs, la partition réduit sensiblement le niveau des dépenses de l’État car ce dernier est la principale source des transferts vers les autres administrations publiques.
La dépense publique française est l’une des plus élevées de l’Union européenne, son problème principal en étant l’écart, croissant depuis 20 ans, entre les recettes et les dépenses. De plus, l’endettement s’est notablement accru en 2008 et 2009 sous l’effet de la crise économique et financière.
Dans ce contexte global, les pouvoirs publics ont opté pour une stratégie de maîtrise des finances publiques qui privilégie l’infléchissement du rythme de l’ensemble des dépenses publiques.
Depuis 2006, des instances de concertation « toutes administrations publiques » ont été convoquées afin que tous les acteurs de la dépense publique pour établir un pilotage renforcé et coordonné de la dépense publique dans le but d’assainir les finances publiques.
En 2006, 2007 et 2008 se sont ainsi réunis à quatre reprises la Conférence nationale et le Conseil d'orientation des finances publiques.
En 2010, le Président de la République a voulu donner une nouvelle impulsion à ces instances toutes APU, avec la tenue, le 28 janvier 2010 puis le 20 mai 2010 de la Conférence nationale sur le déficit qui a réuni tous les acteurs de la dépense.
Ces deux réunions ont donné lieu à la présentation de rapports commandés à des groupes de travail (diagnostic sur la situation des finances publiques, meilleure maîtrise de l’objectif national de l’assurance maladie…) puis et à des décisions concrètes traduites directement dans la loi de programmation pour les finances publiques pour la période 2011 à 2014 : maintien en euros courants des concours financiers de l'Etat aux collectivités locales (hors FCTVA) sur trois ans, réduction ambitieuse des dépenses de fonctionnement de l'Etat.
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