Le Président de la République a réuni pour la seconde fois, le 20 mai 2010, la Conférence sur le déficit, avec les membres du gouvernement, les représentants du Parlement et des collectivités territoriales, et les présidents des organismes de protection sociale. Elle a été l’occasion de tirer de premières conséquences des travaux engagés à l’issue de la première réunion du 28 janvier 2010, qui avait constitué 4 groupes de travail donnant lieu à 4 rapports :
Le déficit public de la France atteint 7,9 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, alors qu’il représentait 3,4 % du PIB en 2008. Cette dégradation du solde public est imputable à la crise économique.
Le Gouvernement ayant réaffirmé la volonté de ne pas augmenter le taux des prélèvements obligatoires au-delà du niveau qui était le leur avant la crise, les solutions de redressement des comptes publics doivent donc être recherchées prioritairement au niveau de la dépense.
La stratégie annoncée lors de cette première réunion repose donc essentiellement sur la volonté de ralentir la progression des dépenses des administrations publiques. Cet effort de maîtrise de la dépense sera complété en recette par une politique de réduction du coût des niches fiscales et sociales.
Cette première session a donné lieu à la mise en place de quatre groupes de travail, respectivement chargés de proposer pour le printemps 2010 des solutions relatives, en fonction du diagnostic opéré sur les finances publiques, à la maîtrise des dépenses locales, à l’amélioration du pilotage des dépenses d’assurance-maladie, à la mise en œuvre d’une règle d’équilibre des finances publiques.
De nombreuses décisions actées à l’issue de la conférence sur le déficit sont mises en œuvre dans le projet de loi de programmation des finances publiques pour la période 2011 à 2014, support du budget triennal de l’État 2011-2013, et dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011.
Dans le budget triennal de l’État 2011-2013 et dans le PLF pour 2011 :
1- la poursuite du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ;
2- la réduction de 10% des dépenses de fonctionnement de l'État en trois ans, avec une baisse de 5% dès 2011, grâce aux économies générées par la révision générale des politiques publiques (RGPP), notamment la mutualisation des achats, des concours et des formations, l’optimisation des systèmes informatiques et une meilleure gestion du parc automobile ;
3- l’application des mêmes règles d’économies aux opérateurs de l'État ;
4- des mesures de suppression et de rationalisation des dépenses fiscales ;
5- le gel en valeur des concours financiers de l'État aux collectivités locales, hors Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA), à compter du budget triennal 2011-2013, mais avec la mise en œuvre d’une péréquation renforcée sur les dotations de l’État.
Programmation pluriannuelle des finances publiques et PLFSS pour 2011 :
1- le taux d’évolution de l’Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie (ONDAM), fixé à 3 % en 2010, sera abaissé à 2,9 % en 2011 conformément à ce qui a été décidé lors de la 2ème conférence sur le déficit en mai 2010.
Compétence exclusive des lois de finances et des lois de financement de la Sécurité sociale sur les mesures fiscales et les mesures affectant les recettes de la sécurité sociale.
La circulaire du Premier ministre du 4 juin 2010 relative à l’édiction de mesures fiscales et de mesures affectant les recettes de la Sécurité sociale vise à protéger les recettes fiscales et sociales. Afin de modifier la pratique gouvernementale, le Premier ministre demande aux membres du Gouvernement de ne plus insérer dans les projets de lois ordinaires en cours de préparation de dispositions fiscales ou de dispositions affectant les recettes de la sécurité sociale.
Les rapports issus de la Conférence sur le déficit du 20 mai 2010 :
Sur le site
Sur le web