Désormais tous les deux ans (lors des années paires), la direction du Budget élabore en mars-avril,, en amont du projet de loi de finances, la programmation à moyen terme (PMT).
Sa synthèse permet de proposer aux décideurs publics une programmation du budget de l’État sur trois ans, détaillée par mission et par programme et distinguant les principaux types de dépenses qui débouche sur une première esquisse complète qui sera le sous-jacent du prochain budget triennal.
Elle permet de définir les réformes et les économies nécessaires pour y parvenir en chiffrant précisément leur impact sur trois ans.
Il est à noter que le périmètre de la PMT est plus large que le budget de l’État puisqu’elle englobe désormais l’ensemble des dépenses publiques : les dépenses de l’État, les dépenses des administrations sociales, des administrations publiques locales et les recettes de toutes les administrations publiques. Cette prévision toutes APU sert d’éclairage pour suivre une trajectoire d’évolution des dépenses compatible avec nos objectifs de finances publiques.
Lors des années impaires ont désormais lieu des prévisions bi-annuelles. Pour l’année en cours, elles doivent permettre de déterminer l’écart entre la répartition initiale et la prévision d’exécution, d’évaluer les besoins de redéploiement des crédits en gestion et d’identifier les mesures d’économie nécessaires pour garantir le respect de la norme de dépense. Pour l’année suivante, elles permettent, d’une part, de préparer pour le prochain PLF la phase de répartition par programme des plafonds fixés par mission dans le cadre du budget triennal et d’autre part de définir les réformes ou économies à mettre en œuvre pour les missions présentant un risque de dépassement des plafonds.
À travers la PMT les années impaires et des prévisions bi-annuelles les années paires, la direction du Budget développe sa fonction d’analyse stratégique des politiques publiques et confronte sa vision avec celle des responsables de programmes sur la stratégie d’évolution de leur secteur.
1ère étape : détermination des unités de base sur lesquelles la direction du Budget réalise ses projections. Cela consiste à découper les programmes en « briques », en fonction des principaux postes de dépense. Les dépenses de personnel (titre 2) constituent une « brique » à part entière.
2ème étape : projection de l’évolution tendancielle de la dépense pour chaque « brique ». Ces projections tentent de répondre aux questions suivantes : Quelle est la dynamique naturelle de la dépense ? Quelle sera son évolution sur trois ans si rien n’est fait ? Ces projections sont alimentées par des échanges techniques avec les ministères.
3ème étape : détermination des moyens nouveaux et des mesures d’économies. Les premiers sont limités aux crédits supplémentaires jugés indispensables à la mise en œuvre de décisions politiques nouvelles. Les secondes constituent le cœur de la PMT : chaque réforme, chaque mesure d’économie est chiffrée et détaillée. L’ensemble des économies représente l’effort budgétaire nécessaire pour assurer une trajectoire de dépense compatible avec les objectifs de finances publiques.