Le Parlement examine, en juin-juillet de l’année N+1 (2012), le projet de loi de règlement et rapport de gestion pour l’année N (2011). Ce dernier présente le résultat de l’exécution de l’année N (2011) en comptabilités budgétaire et générale. Il présente également un volet « performance »,qui permet au Parlement d'apprécier la qualité de la gestion des politiques publiques. Il détaille les résultats obtenus et mesure la différence avec les prévisions pour en tenir compte lors de la discussion du budget de l’année N+2 (2013). Rendez-vous incontournable, c’est un « moment de vérité budgétaire » pour les services de l’État avec la comparaison des données prévisionnelles de la loi de finances initiale (LFI) et les résultats atteints.
Comptes et performances de l’État
Le projet de loi de règlement des comptes et rapport de gestion présente un volet comptable avec le résultat de l’année en comptabilités budgétaire et générale et un volet « performance » avec les rapports annuels de performances (RAP).
La présentation des comptes de l’État s’inspire du modèle de la comptabilité d’entreprise tout en tenant compte des spécificités de l’État :
- Le bilan donne une image de la situation patrimoniale de l’État. L’actif valorise les éléments du patrimoine, tandis que le passif recense les engagements de l’État à l’égard des tiers ;
- Le compte de résultat présente le résultat de l’exercice selon les règles de la comptabilité générale (principe des droits constatés). En cela, il complète l’information de la comptabilité budgétaire qui présente l’état de la « caisse » en fin d’exercice. Les principales sources d’écart entre ces deux approches sont explicitées ;
- L’annexe (hors bilan) enrichit l’information comptable en présentant notamment, de manière qualitative, les risques difficiles à chiffrer. Elle présente en outre les options comptables retenues, ainsi que la trajectoire d’amélioration sur laquelle s’est engagée l’État pour les années à venir.
Les rapports annuels de performances (RAP) présentent les résultats des administrations au regard des engagements pris en loi de finances initiale. Ils permettent notamment d’évaluer l’amélioration de la performance en comparant, ex post, les résultats au regard des objectifs initialement fixés. La loi de règlement des comptes et rapport de gestion devient donc un outil de contrôle et d’évaluation des politiques publiques mises en œuvre par l’État. Elle permet d’identifier les marges de progrès et engage l’administration dans une dynamique vertueuse.
La création d’un cycle de la performance
La LOLF introduit le principe de « chaînage vertueux » en prévoyant le dépôt du projet de loi de règlement des comptes et rapports de gestion avant le 1er juin de l'année suivant celle à laquelle elle s'applique, et son examen en première lecture avant le vote du projet de loi de finances de l'année suivante. Le Parlement peut ainsi contrôler les résultats de l'exécution de l'année N avant de procéder à la discussion des crédits et des objectifs proposés pour l'année N+2. Il s'agit donc de lier les discussions de la loi de règlement des comptes et rapport de gestion et celle du projet de loi de finances (PLF) afin de permettre aux parlementaires de tirer les conséquences pour l’avenir des résultats observés et de créer un véritable « cycle de la performance ».
La Cour des comptes, juge des comptes de l’État
La LOLF a élargi et précisé le concours que la Cour des comptes apporte au Parlement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances :
- La Cour présente d’abord un acte de certification de la régularité, de la sincérité et de la fidélité des comptes de l’État qui est annexé au projet de loi de règlement ;
- Elle dépose ensuite un rapport, conjointement au dépôt du projet de loi de règlement des comptes et rapport de gestion, portant sur les résultats et la gestion budgétaire pendant l’exercice antérieur. Il analyse l’exécution des lois de finances sous tous ses aspects, y compris l’exécution des crédits par mission et par programme dans la logique de performance prévue par la LOLF ;
- Elle dépose enfin un rapport, dans le courant du mois de juin conjointement au rapport du Gouvernement sur l’évolution de l’économie nationale et sur les orientations des finances publiques, préliminaire au débat d’orientation budgétaire.