La LOLF favorise une gestion des politiques publiques régie par des objectifs énoncés clairement et pilotée par des responsables identifiés. Elle rend nécessaire la mise en place d’outils de maîtrise des risques adaptés, afin de s’assurer de l’atteinte des objectifs fixés et d’une information financière et budgétaire de qualité . C’est l’objet des dispositifs de contrôle interne.
Focalisé sur l’atteinte des objectifs de qualité de la comptabilité budgétaire et de soutenabilité budgétaire, c’est-à-dire de respect de l’autorisation budgétaire parlementaire dans ses dimensions annuelle et pluriannuelle, le contrôle interne budgétaire est un sous-ensemble du contrôle interne général des ministères et participe à ce titre pleinement de la gouvernance de l’Etat.
Il ne porte pas sur la maîtrise des activités métiers à proprement parler des ministères : il ne vise notamment pas à s’assurer de l’atteinte des objectifs de performances des politiques ou de la gestion.
Le contrôle interne budgétaire vise à sécuriser à la fois la qualité de la comptabilité budgétaire et la soutenabilité budgétaire de la gestion.
La comptabilité budgétaire présente, dans des états normés, d’une part les autorisations budgétaires fixées par le Parlement et d’autre part leur exécution. Ainsi, elle traduit les ouvertures de crédits en AE et CP, les plafonds d’emplois et les découverts autorisés, les évaluations de recettes et retrace les consommations d’AE, de CP et d’emplois, en équivalent temps plein travaillé (ETPT), les découverts et les recettes constatés, ainsi que le suivi des affectations d’AE dans le cadre des opérations d’investissement.
La tenue de la comptabilité budgétaire est régie par des règles et des procédures précises : sa qualité repose sur leur respect.
Elle s’apprécie selon des critères opérationnels analogues à ceux qui prévalent en matière de qualité de la comptabilité générale de l’Etat tels que les a arrêtés le cadre de référence du contrôle interne comptable :
La qualité de la comptabilité budgétaire est nécessaire à la correcte appréciation du respect de l’autorisation budgétaire.
On entend par soutenabilité le respect de l’autorisation parlementaire du budget annuel et des prescriptions pluriannuelles des lois de programmation des finances publiques.
La soutenabilité de la gestion qui repose beaucoup sur la qualité des processus de programmation du ministère. La programmation est l’ensemble des éléments qui permettent de mettre en adéquation l’activité des services avec les crédits et les emplois notifiés ou attendus.
La soutenabilité de la gestion repose en conséquence sur :
Le contrôle interne budgétaire peut être défini comme l’ensemble des dispositifs formalisés et permanents décidés par chaque ministère et mis en œuvre par les responsables de tous les niveaux pour maîtriser le fonctionnement de leurs activités en vue de fournir une assurance raisonnable de la qualité des informations de comptabilité budgétaire et de la soutenabilité budgétaire.
La maîtrise de la gestion s’appuie sur un ensemble de composantes qui concourent chacune à la qualité des opérations conduites : des organisations structurées, des procédures documentées, référencées, diffusées, mises à jour et appropriées, des opérations et des contrôles tracés, la réalisation de tests de respect des procédures et de contrôle des opérations, un dispositif de reporting permettant de s’assurer du bon fonctionnement des dispositifs prévus, de repérer les dysfonctionnements et d’y remédier sans délais.
Le caractère formalisé du dispositif permet d’une part qu’il soit partagé, utilisable par l’ensemble des parties prenantes, constituant un référentiel commun des bonnes pratiques professionnelles, d’autre part qu’il puisse être évalué (au sens où l’audit peut confronter la réalité des pratiques au référentiel arrêté et en évaluer la conformité, ainsi que l’efficacité).
Par délégation du secrétaire général, le directeur financier de chaque ministère définit, met en place et suit les dispositifs de contrôle interne budgétaire :
Par définition, le contrôle interne budgétaire est l’affaire de tous ceux dont l’activité peut avoir un impact sur la qualité budgétaire, par le biais notamment des exercices de prévision/programmation et suivi de l’exécution ou de la prise des décisions engageant l’État.
Il est intégré à la conduite de toute activité et décliné à chaque niveau du ministère dans une logique de délégation. Ainsi, chaque niveau est responsable de son contrôle interne et rend compte au niveau immédiatement supérieur.
En conséquence, les responsables à tous les niveaux en administration centrale et en services déconcentrés précisent, mettent en place et font vivre le contrôle interne budgétaire au sein de leurs entités pour leurs activités et celles qu’ils ont déléguées, conformément à la politique arrêtée par le ministère.
Ils explicitent ainsi les objectifs opérationnels de qualité de la comptabilité budgétaire et de soutenabilité, les moyens afférents, les organisations, méthodes et procédures, systèmes d’information et de communication, actes de supervision à même de maîtriser les risques identifiés.
Le cadre de référence interministériel du contrôle interne budgétaire propose, à partir des objectifs communs et en déclinant les principes reconnus en matière de contrôle interne, un cadre méthodologique global permettant aux ministères de définir leur propre dispositif de contrôle interne budgétaire en fonction des risques qu’ils identifient et de leur criticité.
Le cadre de référence interministériel s’appuie sur les manuels des macro-processus de gestion budgétaire et comptable et le référentiel de comptabilité budgétaire.
Il comprend :
Le contrôle interne est d’abord un levier pour améliorer la visibilité et la maîtrise des risques sur les programmes budgétaires ainsi que l’articulation du budget avec les enjeux des politiques du ministère. Il permet d’asseoir les décisions sur des données financières fiabilisées et partagées par tous les gestionnaires.
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