Le déploiement de Chorus s’est réalisé en plusieurs vagues depuis 2008. La vague 4, déployée au 1er janvier 2010 avait constitué le premier déploiement industriel et massif de la solution auprès de plus de 10 000 utilisateurs. La vague 6, déployée au 1er janvier 2011, constituait un enjeu majeur puisqu’elle portait sur un nombre très élevé de programmes et que 25 000 utilisateurs ont été connectés à Chorus auxquels s’ajoutent 15 000 personnes en consultation et 22 000 utilisateurs du portail formulaires. Facteur de profonds changements, sa mise en place aura nécessité une réorganisation financière sans précédent à travers le regroupement de tous les acteurs de la gestion publique dans une chaîne unique.
Chorus améliore la performance et la transparence de la gestion publique. Il met en œuvre toutes les dispositions et exigences de la LOLF, améliore le pilotage de la gestion publique et renforce la traçabilité et l’adaptabilité des données financières de l’Etat.
La solution retenue est celle d’un progiciel de gestion intégré (PGI), c’est-à-dire un ensemble de logiciels qui propose des modules par domaine « prêts à l’emploi » et paramétrables selon l’organisation de la structure. Largement diffusée dans le secteur privé, la solution SAP a depuis quelques années investi la sphère publique (Ville de Paris, assistance publique des hôpitaux de Paris).
Chorus a été aménagé a minima, l’objectif étant de rester au plus près du standard PGI, pour des raisons de performance et d’efficience. C’est un outil puissant qui offre des fonctionnalités relatives à la dépense, à la gestion des actifs, au budget et aux recettes non fiscales. Il propose également des fonctionnalités de pilotage grâce à ses entrepôts de données. Enfin, il est en mesure de fournir plusieurs niveaux de restitution en fonction des besoins des différents utilisateurs.
C’est en somme un outil de partage et d’échange entre tous les acteurs de la chaîne financière : ordonnateurs, comptables, autorités chargées du contrôle financier. Le PGI permet ainsi de suivre l’ensemble du processus budgétaire de façon cohérente d’un bout à l’autre de la chaîne, de la loi de finances votée par le parlement jusqu’au paiement au fournisseur ; de la programmation pluriannuelle jusqu’au bilan.
A ce titre, les nouvelles fonctionnalités de programmation permettent aux gestionnaires de piloter leurs crédits dans l’année, mais également dans une perspective pluriannuelle.
Grâce à Chorus, les gestionnaires bénéficient d’une information plus fiable et rapidement disponible, d’indicateurs financiers pertinents et mis à jour quotidiennement au service du pilotage des finances publiques.
La réactivité et la fluidité des processus s’en trouvent grandement améliorées. Pour exemple, 30 minutes suffisent pour la mise à disposition des crédits là où il fallait auparavant 2 ou 3 jours…
Par ailleurs Chorus est système d’information très puissant qui entraîne une véritable refonte des organisations actuelles.
A cet égard, la conduite du changement est évidemment une condition sine qua non de la réussite d’un tel projet. Le pilotage du processus est confié à l’AIFE (agence de l’information financière de l’Etat), service à compétence nationale exerçant les fonctions de maîtrise d’ouvrage déléguée et de maîtrise d’œuvre.
La maîtrise d’ouvrage réglementaire relève quant à elle de la direction générale des finances publiques et de la direction du budget. Cette dernière, en qualité de maître d’ouvrage et d’expert, s’attache à préciser et rappeler les règles budgétaires et leur articulation avec la comptabilité générale. Elle s’assure en coordination avec l’AIFE et la DGFIP de mettre en place un dispositif de veille et d’accompagnement, mais également de prévoir des actions correctrices et des évolutions de procédure et/ou de réglementation lorsqu’elle constate d’une part des écarts entre l’outil informatique et les métiers et/ou d’autre part, que les prestations apportées par l’outil s’éloignent des besoins exprimés.
Le déploiement par vagues a ainsi permis de tester auprès des pilotes la solution construite- puis de l’améliorer le cas échéant, pour s’assurer de la qualité du passage de l’ancien au nouveau système, autant en terme de fonctionnalités que d’appropriation par les acteurs concernés.
Car Chorus, en intégrant les résultats des travaux de réingénierie des macro-processus réalisés depuis des années, est aussi le symbole d’une transformation de la chaîne de la dépense qui bouleverse les anciennes pratiques.
Ceux-ci ont ainsi été mis en œuvre pour garantir, certes une bonne transition, mais aussi pour permettre d’être à l’écoute des problèmes rencontrés sur le terrain, d’instaurer un échange de bonnes pratiques en même temps qu’une démarche de mutualisation.
La formation comporte plusieurs défis de taille : le nombre d’utilisateurs et leur variété, due notamment au périmètre dans lequel évolue Chorus d’un bout à l’autre de la chaîne de dépense. De plus, Chorus est un outil structurant, qui nécessite une formation des personnels gestionnaires dans des domaines qui ne laissent aucune place à l’approximation, tels les marchés/passation de commandes. Il faut donc en permanence assurer la pérennité d’un lien cohérent entre l’outil et le métier mais également garantir une assistance après la formation.
Par ailleurs, la mise en œuvre de la LOLF conjuguée au déploiement d’un SI nouveau ont conduit à une professionnalisation accrue des métiers financiers. C’est pourquoi, afin de répondre aux besoins de montée en compétence des différentes catégories d’acteurs financiers, la direction du Budget a pris l’initiative, en lien avec la DGFiP, de constituer un ensemble de supports de formation continue « métier » à la gestion budgétaire et comptable « en mode LOLF ». Ces supports sont consultables sur le site de la performance publique.
Des tournées en région sont aussi programmées pour assurer plus spécifiquement des formations pas à pas des contrôleurs budgétaires et des contrôleurs comptables. Des fiches pratiques sont mises à disposition et une assistance technique calibrée est prévue.
Enfin, une assistance de proximité assure la montée en autonomie des Correspondants Chorus Applicatifs (CCA qui auront, dès la fin de l’assistance, un rôle de soutien auprès des utilisateurs) tandis qu’une assistance téléphonique est mise en place auprès des membres des contrôles financiers centraux et en région.
Les bouleversements de toute nature induits par la mise en œuvre de Chorus conduisent ainsi à un déploiement d’efforts massifs d’appropriation à tous les niveaux. Les bénéfices sur le long terme en sont tels que ces efforts méritent d’être conduits.
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